• Quelles prairies pour vos chevaux ?

     

    Quelles prairies pour vos chevaux ?

    Une prairie bien exploitée, bien entretenue et composée d’espèces adaptées aux besoins de votre cheval vous procure un aliment sain et économique.

    Utiliser efficacement sa prairie en fonction des besoins

    Comment bien faire pâturer et bien récolter ?

    Au début du printemps, c’est surtout la portance du sol qui conditionne la mise au pré. Il est recommandé de diviser la surface en plusieurs parcs en prévoyant 20 jours de repousse entre deux passages. Le pâturage tournant limite les zones hyperfréquentées et les zones de refus. En été et automne, il faudra prévoir d’allonger le temps de repousses à 30 ou 40 jours ou de revenir à une parcelle unique. A l’automne, éviter le pâturage trop ras car les graminées ont besoin d’une hauteur de 5 - 8 cm pour bien redémarrer au printemps suivant. Pour obtenir une hauteur de sortie d’herbe de 5 cm et pour éviter toute surexploitation, la durée de pâturage ne doit généralement pas dépasser 8 à 10 jours. Si l’herbe manque, il vaut mieux concentrer les animaux sur une petite surface, que l’on sacrifie, plutôt que de surpâturer le reste de la parcelle.

    Pour la fenaison, il est important de faucher sans tarder juste après l’épiaison, car en cas de fauche trop tardive, les repousses ultérieures sont pénalisées et le fourrage de moins bonne qualité. C’est pourquoi les variétés de plantes fourragères tardives sont à préférer. Quand cela est possible, l’alternance de la fauche et du pâturage sur la même parcelle est idéale. L’association de chevaux avec des bovins est un très bon moyen pour pallier aux refus. Elle peut se faire avec des bovins moyennant une surveillance du comportement des chevaux avec ces animaux.

    L’ensilage d’herbe ou l’enrubannage peuvent-ils être utilisés dans l’alimentation des chevaux ?

    Oui, si le taux de matière est d’au moins 30 % en ensilage et au moins 40 % en enrubannage. Il faut également s’assurer que lors de la récolte il n’y ait ni eau de pluie ni eau de rosée, ni terre.
    Lors de la distribution, ne pas donner les parties moisies qui peuvent libérer des toxines pathogènes. L’enrubannage doit être réalisé très rapidement après le pressage pour assurer une bonne conservation.

    Quantités à distribuer (fourrage distribué seul)

    • Fourrage vert : 1,8 à 2,1 kg de matière sèche par 100 kg de poids vif
    • Foin de graminées : 1,7 à 2,1 kg de matière sèche par 100 kg de poids vif
    • Foin de légumineuses (?) : 2,1 à 2,3 kg de matière sèche par 100 kg de poids vif
    • Ensilage d’herbe à 30 % de MS : 1,3 à 1,6 kg de matière sèche par 100 kg de poids vif
    • Enrubannage : 1,6 à 2,2 kg de matière sèche par 100 kg de poids vif

    Enfin, la conservation des fourrages par la voie humide permet de réduire considérablement les problèmes respiratoires (emphysème) liés au développement de moisissures sur le foin.

    Choisir les espèces prairiales adaptées aux besoins du cheval
    et au type de sol

    En association avec le trèfle blanc, le ray-grass anglais, facile d’implantation, permet de couvrir les besoins des chevaux effectuant un travail léger.

    Préférer les ray-grass anglais et les ray-grass d’Italie diploïdes (?) car ils résistent mieux au piétinement des chevaux que les tétraploïdes (?).


     

    Implanter et entretenir sa prairie

    Comment semer ?

    Si possible, travailler le sol en surface 8 jours avant le semis, avec un Rotavator ou une herse. Le semis doit être fait sur une terre ni détrempée, ni trop sèche et surtout suivi d’un roulage.
    Profondeur : 0 à 1 cm. Le semis peut être fait à la volée.

    Quand semer ?

    Préferer un semis de fin d’été (mi-août à mi-septembre) quand le sol est encore chaud et les adventices moins agressives qu’au printemps ; ne semez pas trop tard afin que les jeunes plantes soient suffisamment développées pour résister aux premières gelées.
    On peut également semer au printemps dès que les gelées ne sont plus à craindre (mi-mars) jusqu’à la mi-mai afin que les jeunes plantes soient bien installées avant la période estivale.

    Comment entretenir et fertiliser ?

    ATTENTION, les chevaux n’aiment pas les fertilisations azotées excessives.

    Le chaulage est très important. 250 kg/ha de CaO sous forme de semoule suffisent pour relancer l’activité biologique et assainir le sol.
    Pour les paddocks où l’accumulation de crottin est plus importante et les risques sanitaires plus élevés, apporter jusqu’à 1,5 t /ha de CaO. Faucher les refus après le deuxième cycle de pousse pour rétablir l’homogénéité de la prairie.

    Techniques culturales

    Le cheval est un gourmet qui sélectionne les plantes. Il faudra maîtriser les refus par un fauchage et détruire les plantes envahissantes manuellement, pied par pied, ou avec un désherbant sélectif (contacter un professionnel car l’usage de ces produits leur est réservé).
    Le hersage permet d’aplanir et d’aérer le sol tassé par les chevaux ; il en relance l’activité biologique. S’il y a beaucoup de surface vide, il faut envisager un semis ou un sursemis (même à la volée).

    Témoignage

    « Des prairies de qualité, c’est moins de risques pour les chevaux et plus d’autonomie dans nos décisions »

    Isabelle Dimer, éleveur dans le Perche


     

    Isabelle Dimer et son mari Daniel dirigent le haras
    de La Gadelière à Coutretot,
    en Eure-et-Loir.

    « Pour l’alimentation, les éleveurs sont assaillis de conseils, souvent contradictoires ! On en viendrait vite à acheter trop de compléments minéraux ou de vitamines.
    Or l’expérience montre que de l’herbe saine et du foin de qualité sont source d’équilibre - pas seulement alimentaire - pour les chevaux.

    En pratique, nous avons fait analyser nos sols et observé la flore présente; puis nous avons décidé de rénover certaines parcelles dégradées au moyen d’un brûlage au glyphosate suivi d’un semis de ray-grass anglais ou de fétuque élevée, selon les cas. Un voisin agriculteur équipé en matériel nous a aidés à réaliser ces travaux.

    L’élevage est une passion avant tout et on serait tenté de ne pas lésiner sur les dépenses. C’est en connaissant et en améliorant nos prairies que nous sommes devenus beaucoup plus autonomes dans notre métier d’éleveurs. Nous évitons ainsi principalement les risques d’entorse par une meilleure gestion des paddocks en période humide, et les risques d’intoxication dus à certaines plantes sauvages ou à un manque d’entretien des pâtures. Bien sûr, nous surveillons de près la qualité du foin. »


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