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    Quelles prairies pour vos chevaux ?

    Une prairie bien exploitée, bien entretenue et composée d’espèces adaptées aux besoins de votre cheval vous procure un aliment sain et économique.

    Utiliser efficacement sa prairie en fonction des besoins

    Comment bien faire pâturer et bien récolter ?

    Au début du printemps, c’est surtout la portance du sol qui conditionne la mise au pré. Il est recommandé de diviser la surface en plusieurs parcs en prévoyant 20 jours de repousse entre deux passages. Le pâturage tournant limite les zones hyperfréquentées et les zones de refus. En été et automne, il faudra prévoir d’allonger le temps de repousses à 30 ou 40 jours ou de revenir à une parcelle unique. A l’automne, éviter le pâturage trop ras car les graminées ont besoin d’une hauteur de 5 - 8 cm pour bien redémarrer au printemps suivant. Pour obtenir une hauteur de sortie d’herbe de 5 cm et pour éviter toute surexploitation, la durée de pâturage ne doit généralement pas dépasser 8 à 10 jours. Si l’herbe manque, il vaut mieux concentrer les animaux sur une petite surface, que l’on sacrifie, plutôt que de surpâturer le reste de la parcelle.

    Pour la fenaison, il est important de faucher sans tarder juste après l’épiaison, car en cas de fauche trop tardive, les repousses ultérieures sont pénalisées et le fourrage de moins bonne qualité. C’est pourquoi les variétés de plantes fourragères tardives sont à préférer. Quand cela est possible, l’alternance de la fauche et du pâturage sur la même parcelle est idéale. L’association de chevaux avec des bovins est un très bon moyen pour pallier aux refus. Elle peut se faire avec des bovins moyennant une surveillance du comportement des chevaux avec ces animaux.

    L’ensilage d’herbe ou l’enrubannage peuvent-ils être utilisés dans l’alimentation des chevaux ?

    Oui, si le taux de matière est d’au moins 30 % en ensilage et au moins 40 % en enrubannage. Il faut également s’assurer que lors de la récolte il n’y ait ni eau de pluie ni eau de rosée, ni terre.
    Lors de la distribution, ne pas donner les parties moisies qui peuvent libérer des toxines pathogènes. L’enrubannage doit être réalisé très rapidement après le pressage pour assurer une bonne conservation.

    Quantités à distribuer (fourrage distribué seul)

    • Fourrage vert : 1,8 à 2,1 kg de matière sèche par 100 kg de poids vif
    • Foin de graminées : 1,7 à 2,1 kg de matière sèche par 100 kg de poids vif
    • Foin de légumineuses (?) : 2,1 à 2,3 kg de matière sèche par 100 kg de poids vif
    • Ensilage d’herbe à 30 % de MS : 1,3 à 1,6 kg de matière sèche par 100 kg de poids vif
    • Enrubannage : 1,6 à 2,2 kg de matière sèche par 100 kg de poids vif

    Enfin, la conservation des fourrages par la voie humide permet de réduire considérablement les problèmes respiratoires (emphysème) liés au développement de moisissures sur le foin.

    Choisir les espèces prairiales adaptées aux besoins du cheval
    et au type de sol

    En association avec le trèfle blanc, le ray-grass anglais, facile d’implantation, permet de couvrir les besoins des chevaux effectuant un travail léger.

    Préférer les ray-grass anglais et les ray-grass d’Italie diploïdes (?) car ils résistent mieux au piétinement des chevaux que les tétraploïdes (?).


     

    Implanter et entretenir sa prairie

    Comment semer ?

    Si possible, travailler le sol en surface 8 jours avant le semis, avec un Rotavator ou une herse. Le semis doit être fait sur une terre ni détrempée, ni trop sèche et surtout suivi d’un roulage.
    Profondeur : 0 à 1 cm. Le semis peut être fait à la volée.

    Quand semer ?

    Préferer un semis de fin d’été (mi-août à mi-septembre) quand le sol est encore chaud et les adventices moins agressives qu’au printemps ; ne semez pas trop tard afin que les jeunes plantes soient suffisamment développées pour résister aux premières gelées.
    On peut également semer au printemps dès que les gelées ne sont plus à craindre (mi-mars) jusqu’à la mi-mai afin que les jeunes plantes soient bien installées avant la période estivale.

    Comment entretenir et fertiliser ?

    ATTENTION, les chevaux n’aiment pas les fertilisations azotées excessives.

    Le chaulage est très important. 250 kg/ha de CaO sous forme de semoule suffisent pour relancer l’activité biologique et assainir le sol.
    Pour les paddocks où l’accumulation de crottin est plus importante et les risques sanitaires plus élevés, apporter jusqu’à 1,5 t /ha de CaO. Faucher les refus après le deuxième cycle de pousse pour rétablir l’homogénéité de la prairie.

    Techniques culturales

    Le cheval est un gourmet qui sélectionne les plantes. Il faudra maîtriser les refus par un fauchage et détruire les plantes envahissantes manuellement, pied par pied, ou avec un désherbant sélectif (contacter un professionnel car l’usage de ces produits leur est réservé).
    Le hersage permet d’aplanir et d’aérer le sol tassé par les chevaux ; il en relance l’activité biologique. S’il y a beaucoup de surface vide, il faut envisager un semis ou un sursemis (même à la volée).

    Témoignage

    « Des prairies de qualité, c’est moins de risques pour les chevaux et plus d’autonomie dans nos décisions »

    Isabelle Dimer, éleveur dans le Perche


     

    Isabelle Dimer et son mari Daniel dirigent le haras
    de La Gadelière à Coutretot,
    en Eure-et-Loir.

    « Pour l’alimentation, les éleveurs sont assaillis de conseils, souvent contradictoires ! On en viendrait vite à acheter trop de compléments minéraux ou de vitamines.
    Or l’expérience montre que de l’herbe saine et du foin de qualité sont source d’équilibre - pas seulement alimentaire - pour les chevaux.

    En pratique, nous avons fait analyser nos sols et observé la flore présente; puis nous avons décidé de rénover certaines parcelles dégradées au moyen d’un brûlage au glyphosate suivi d’un semis de ray-grass anglais ou de fétuque élevée, selon les cas. Un voisin agriculteur équipé en matériel nous a aidés à réaliser ces travaux.

    L’élevage est une passion avant tout et on serait tenté de ne pas lésiner sur les dépenses. C’est en connaissant et en améliorant nos prairies que nous sommes devenus beaucoup plus autonomes dans notre métier d’éleveurs. Nous évitons ainsi principalement les risques d’entorse par une meilleure gestion des paddocks en période humide, et les risques d’intoxication dus à certaines plantes sauvages ou à un manque d’entretien des pâtures. Bien sûr, nous surveillons de près la qualité du foin. »


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  • FOIN

    Le foin constitue l'aliment principal de la ration des chevaux. Riche en fibres, il favorise le transit intestinal et est capable de subvenir à tous les besoins d'un cheval au repos. Cet aliment se compose de différentes herbes des prés, séchées au soleil. Sa mastication occupe une bonne partie de la journée d'un cheval. Pour être de bonne qualité, le foin doit sentir bon, être vert et le moins poussiéreux possible. Un bon foin doit être à la fois sec et encore assez souple. Sa qualité dépend encore du climat et de sa région de provenance.


    Un foin de qualité doit avoir une bonne odeur, être vert et non poussiéreux - Ph. N. van der Schoor

    · Le foin de la Crau

    Foin de Crau
    Ce foin est cultivé dans le sud est de la France - Ph. N. van der Schoor

    Le foin de la Crau est un foin d'excellente qualité cultivée dans la région du Sud Est de la France. Il a la particularité d'être salé naturellement et est très apprécié des chevaux. Ce foin est couramment utilisé par les éleveurs de chevaux de courses. Le foin de Crau est exporté dans toute l'Europe.

    Foin de Crau
    Le foin de la Crau est naturellement salé et utilisé dans les plus grandes écuries de chevaux de courses. - Ph. N. van der Schoor


    HERBE

    L'herbe est un aliment à forte teneur en minéraux et riche en vitamines. De qualité et en quantité suffisante, l'herbe est capable de couvrir tous les besoins alimentaires du cheval. Elle est plus appréciée des chevaux lorsque les pousses sont jeunes de pas plus de 8 semaines. C'est à ce stade que l'herbe détient sa plus grande valeur nutritive.


    L’herbe est un aliment riches en minéraux et en vitamines - Ph. N. van der Schoor

    Article de Nathalie van der Schoor


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  • LE PIED - Fonctions, affections, défauts... 
    interview du Dr Lamolle par Alain Willemart

    Le pied du cheval est un chef-d'oeuvre de la nature. 
    Imaginez-vous avec, à vos pieds, des chaussures exactement 
    adaptées à votre taille et à votre morphologie; à la fois confortables et offrant un maintien idéal, et qu'il ne faudrait
    jamais remplacer car elles se régénéreraient d'elles-mêmes à mesure que vous les useriez.... 

    D'accord, cela compliquerait grandement l'adaptation à la mode du millésime, mais admettez tout de même qu'un tel    soulier vous ôterait bien des soucis, à défaut de s'ôter lui-même. 
    Pourtant, des soucis, le pied du cheval peut aussi en    connaître, mais ce n'est pas sa faute: le responsable, c'est nous ! 

    Le pied du cheval a subi, au cours de ses soixante millions d'années d'existence, de multiples évolutions et adaptations pour devenir ce que nous connaissons: un sabot à  la fois robuste et sensible, souple et stable, adhérent et rapide. 
    Cette évolution a été dictée par la taille et le poids sans cesse croissants du cheval au cours de son évolution et par le biotope; le cheval ayant peu à peu délaissé les forêts pour les vastes plaines d'herbage, où la vitesse, l'endurance et la stabilité primaient sur l'agilité en terrain difficile. 
    Lorsque l'on choisit un cheval, on a quelquefois tendance à négliger l'examen du pied au bénéfice du modèle ou des allures. 
    Or, "pas de pied,  pas de cheval" dit le diction. 
    C'est d'autant plus vrai pour le cheval d'extérieur, au parcours semé d'embûches, contrairement aux pistes des manèges où certains pieds défectueux ne prêteront pas nécessairement à conséquence. 
    Il est donc utile de procéder à un examen attentif des pieds, non seulement à l'achat, mais également tout au long de la vie du cheval. 

    Le pied est composé de plusieurs tissus de différentes natures: des os,  des ligaments, des tendons, des cartilages, de la graisse, des vaisseaux sanguins, de la chair et de la corne. 

    La structure des ligaments maintient ensemble la structure osseuse composée de la troisième phalange, de la deuxième phalange et l'os naviculaire. 
    Ces os correspondent aux bouts de nos doigts, le cheval  n'en possédant toutefois qu'un par membre (il en possédait encore quatre il y a soixante millions d'années). 

    Les tendons relient les différents os aux muscles extenseurs et fléchisseurs, donnant au pied sa mobilité. 

    Deux structures cartilagineuses appelées fibrocartilages, en forme de demi-lune et situées dans le prolongement des "ailes" de la 3ème  phalange, interviennent dans l'amortissement du pied en décomposant  la force de choc lors du poser, visant à atténuer les pressions dans le membre et contre les parois du sabot.  Autour des os, des ligaments, des tendons et des cartilages se trouve le pied de chair renfermant un labyrinthe d'artères, de veines et de capillaires, chargées 'irriguer le pied, de l'alimenter en  oxygène 

    Le pied de chair se trouve en lien direct avec la production cornée, constituée de poils Eh oui! 
    La corne est, en fait, constituée de poils fixés entre eux par de la kératine, substance donnant à la corne sa rigidité tout en conférant mobilité et souplesse à la muraille. 
    Un coussinet plantaire,  principalement constitué de tissus mous et de graisse, se trouve entre les fibrocartilages, sous les phalanges et au dessus de la fourchette. 
    On peut le sentir facilement en appuyant les pouces dans la zone de la fourchette et des glomes. 
    Son rôle est d'amortir les chocs lors du poser du pied. 

    La boîte cornée enveloppe le tout. 
    Elle joue plusieurs grands rôles: protection du pied, décomposition des forces et vascularisation. 
    Elle doit être suffisamment rigide pour ne pas subir d'écrasement excessif à chaque pas et bien protéger le pied de chair. Cette rigidité est également indispensable pour décomposer les forces d'amortissement lorsque le cheval pose le pied sur le sol (ce qui peut représenter plusieurs centaines de kilos pour un seul membre). 
    Elle doit être suffisamment souple au niveau des talons et de la fourchette pour s'écraser et s'écarter latéralement, permettant au coussinet plantaire de jouer son rôle amortisseur et provoquant en même temps un pompage au niveau du pied de chair, permettant au sang de circuler dans le pied. C'est notamment pour permettre cet écartement des talons que les clous tiennent le fer principalement dans la partie antérieure du pied, laissant une certaine liberté de mouvements aux talons. 

    L'enveloppe cornée est constituée de poils, collés les uns aux autres par la kératine, et qui se développent de haut en bas, à la verticale. 
    La muraille pousse à partir de la couronne du pied; la sole et la fourchette, à partir de la base du pied de chair 
    La jonction entre sole et muraille est constituée par la "ligne blanche", zone où la corne est particulièrement dense et compacte. 
    C'est là que le maréchal place les clous. En arrière de cette zone, dans la sole, le clou perforerait les tissus vifs ; en avant de cette zone, dans la muraille, les fibres insuffisamment denses seraient vite déchirées par le clou. 

    Les affections du pied

    Les atteintes physiques 
    Ce sont les agressions extérieures de la boîte cornée: coups, cailloux, clou de rue, enclouure par le maréchal, etc. 
    Ces atteintes donnent lieu, soit à une bleime (hématome) localisable visuellement  quand la corne est claire, soit, s'il y a une plaie, fût elle microscopique, elles donnent lieu à un abcès dû à l'infiltration de  bactéries. En cas d'abcès, le cheval refuse de poser le pied par terre. 
    On pense alors souvent à une fracture, mais 9 fois sur 10, il  s'agit d'une bleime. 
    Le cheval ne peut malheureusement pas retirer son sabot, comme nous le ferions avec notre chaussure si un caillou s'y trouvait prisonnier. 
    L'intensité des effets de toutes ces agressions variera en fonction de la qualité de la corne. 
    On dit souvent que la corne sombre est plus résistante que la blanche. 
    Mais il y a de nombreuses exceptions, notamment l'arabe, qui a souvent des pieds   blancs, pourtant excellents. 

    Les seimes 
    C'est le fendillement, vers le haut ou vers le bas, de la muraille. 
    Du bas vers le haut, c'est généralement dû à une agression extérieure,  ou à un mauvais brochage du clou par le maréchal (placé en muraille ), ou parce que le fer est mal adapté. 
    Certaines carences alimentaires rendent davantage la corne sujette à ces fendillements.
    La vitamine Biotine, dans l'alimentation, est administrée notamment pour renforcer la corne. 
    Du haut vers le bas, les seimes sont  généralement dues à une blessure dans la région de la couronne où se trouve la matrice cutidurale, où naît l'ongle. 
    A cet endroit, la  matrice ne fonctionnera plus correctement et une seime se formera. Des seimes peuvent aussi apparaître en  quartier/talons, dues à une mauvaise conformation du pied ou à un ferrage inadapté. Le pied tolère alors un jeu trop  important des talons. 
    La corne plie sans cesse et se fragilise, comme du carton que l'on plierait 200 fois au même endroit. 

    Les Maladies 
    Le degré d'hydratation de la corne influe beaucoup sur la santé du pied. Pas assez humide, elle se fendille, se craquelle.
    Trop humide, elle se ramollit et pourrit. 
    En box, certaines litières, comme les copeaux, favorisent cet excès d'humidité.
    Mêlés à l'ammoniaque des urines, cela devient agressif pour la corne. 
    Il faut donc nettoyer régulièrement le box, et surtout, sortir régulièrement le cheval pour le travailler   et soigner ses pieds. 

    "White line disease"
     Maladie méconnue, la "White line disease" est due à un  champignon du genre teigne, qui ronge le sabot et qui peut  provoquer la chute de toute la boite cornée. Les  symptômes sont l'apparition d'une abondante poudre  blanche à la base du pied, qu'il ne faut évidement pas confondre avec la peau morte tombant naturellement lorsque l'on cure le pied ; le cheval boîte, des suintements apparaissent au bourrelet. 
    La contagion s'opère notamment par les instruments du maréchal dont les outils servent de pied en pied, de cheval en cheval. 
    Voilà pourquoi on recommande, dans ce cas, la stérilisation du matériel avant chaque ferrage. 

    Les défauts d' aplombs 
    Une règle d'or: on ne plie pas un vieux tronc. 
    Vouloir rectifier les aplombs d'un cheval adulte expose celui-ci à de  sérieux ennuis au niveau des bords articulaires. 
    Les articulations, même mal formées, sont prévues pour fonctionner sous certains angles, qui, s'ils sont modifiés,   provoquent des dégâts. 
    Les pressions ne sont plus réparties sur une surface, mais .. sur un point précis, occasionnant une usure prématurée. 
    Le cheval est né avec ces défauts esthétiques, il faut faire avec. 
    Généralement, lorsque le cheval pose son pied à plat, quel que soit le chemin parcouru entre deux "posers", ses défauts d'aplombs ne prêteront pas trop à conséquence. 

    Fourbure 
    La fourbure est une congestion inflammatoire (excès de sang) dans le pied. 
    Ce sang stagne, le pied n'est donc plus oxygéné convenablement, ce qui provoque une nécrose (mort des cellules) dans les tissus. 
    Le sang se loge sous la fourchette, provoquant le basculement de la troisième phalange vers l'avant, situation  particulièrement douloureuse due à la compression de la chair contre les parois du sabot, surtout à l'avant. Elle peut être causée par une mauvaise alimentation ou par un travail et une fatigue excessifs. En endurance de haut niveau, on voit souvent des chevaux ayant atteint un stade de fatigue tel qu'ils sont à la limite de la fourbure: la couronne devient molle, gorgée de liquide, le pied est très chaud et il boite un peu ou marche irrégulièrement. 
    C'est le rôle des vétérinaires de veiller à détecter cela en cours d'épreuve... 
    Cavaliers fous, attention aux excès ! 

    Syndrome naviculaire
    On l'appelle "syndrome" et non "maladie" car d'un point de vue strictement scientifique, le problème n'est pas encore bien circonscrit. L'une des "causes", mais ce n'est peut-être qu'un symptôme, est la décalcification du tissu osseux au niveau des points d'entrée des vaisseaux sanguins qui irriguent l'os naviculaire. A ces endroits, l'os perd de sa densité, se fragilise, et est écrasé par le tendon perforant qui passe derrière lui et appuie dessus avec force. 
    On suppose que c'est alors l'os lui-même qui est douloureux. 
    Au stade suivant, l'os perd de petits éclats qui agressent toute l'articulation et/ou le tendon. 
     

    Comment garder de bons pieds ?

    Chez le cheval, qu'est-ce qu'un bon pied ?
    Interview de Gabriel Blairon, maréchal- ferrant, par Alain Willemart

    Le bon pied est un pied pas trop large, car trop large il est fragile, et c'est un pied pas trop droit non plus, l'idéal étant, de profil, un angle d'inclinaison de 45 degrés. 
    Trop droit ( droit jointé), le pied rend le cheval inconfortable pour le cavalier. 
    Le cheval est mal à l'aise aussi car le rôle d'amortisseur de la corne et de l'inclinaison du paturon s'estompent et les membres encaissent alors tous les chocs.
    Trop incliné, le pied travaille mal car les talons disparaissent, et les tendons se fatiguent à frotter exagérément contre le boulet. 
    Lorsque le pied dépasse les 45°, il devient plat en dessous car la sole se rapproche du sol. C'est un mauvais pied car la
    corne ne travaille pas dans sa fibre, mais à la flexion et à l'arrachement. 

    Autre mauvais pied, c'est celui qui n'arrive pas à se "renourrir" normalement. La conséquence est une mauvaise "soudure" entre la sole et la muraille car la sole devient convexe. Les inconvénients sont les mêmes qu'avec les pieds plats. 

    L'autre mauvais pied est celui dont la muraille est feuilletée, presque comme du carton. 
    Résultat: les impuretés s'immiscent entre les couches de corneque forent la muraille et remontent très haut, car le travail du pied pompe tout cela vers le haut. 
    L'évasement du pied (vu de face) dépend de la forme de la troisième phalange, acquise par la  naissance et qui ne peut être modifiée. La plupart des pur-sang  anglais ont ainsi des pieds plats, larges, évasés, ce qui n' est pas une tare en soi, mais la muraille n'a pas de hauteur. Certains trotteurs ont, à l'inverse, une haute muraille (jusqu'à 12-15 cm),  avec un bon angle. Le mieux étant l'intermédiaire : pas trop droit, pas trop évasé, bon angle, hauteur correcte. 

    Y a-t-il un pied pour chaque usage, chaque discipline, ou bien est-ce qu'un bon pied est bon pour tous les services ?
    Pour l'extérieur, il faut absolument un bon pied robuste, ni trop large ni trop plat, avec une muraille suffisamment haute.
    En dressage, on essaye toujours d'avoir un pied plus long pour obtenir des allures plus amples, mais comme ils travaillent dans le sable, ils sont moins sujets à souffrir ou à se blesser. On laisse donc un peu pousser la corne. En obstacle, le mieux est un pied large aux antérieurs, car c'est de là que le cheval part et surtout qu'il se reçoit ( les membres antérieurs supportant deux tiers du poids du cheval). A l'arrière, on préférera un pied droit et coupé très court pour éviter qu'il forge, c'est-à-dire qu'il touche ses antérieurs avec ses postérieurs, situation très fréquente en saut. . 

    La ferrure est souvent considérée comme un mal nécessaire. Etes-vous d'accord ?
    La ferrure du pied est certainement la pire des choses qu'on ait pu faire au cheval. Mais c'est un mal nécessaire a cause du terrain ..tarmac, macadam, cailloux... sont autant d'agressions nécessitant la ferrure. . 

    Outre le ferrage à chaud et à froid, existe- t-il différentes façons de ferrer ?
    On peut ferrer à l'anglaise ou à la française, ce qui ne change strictement rien à la technique au niveau du pied  lui-même, mais à l'anglaise, on travaille seul, à la française, on travaille à deux, l'un tenant le pied tandis que l'autre travaille dessus. Mine de rien, C'est assez différent comme travail, puisqu'on voit le pied à l'envers selon l'une ou l' autre école. 

    Quels conseils généraux donneriez- vous aux propriétaires de chevaux pour que leur cheval fasse de vieux os et de vieux pieds ?
    D' abord, il faut éviter les intervalles trop longs entre les ferrages, ou alors ne pas les ferrer du tout et le faire travailler
    déferré tant que c'est possible. Sinon, la longévité du cheval dépend essentiellement de la régularité de son travail. pour
    vivre vieux, le cheval doit travailler, sans forcer, bien entendu. Celui qui ne fait rien s'encroûte, son coeur s'enrobe, ses
    muscles s'atrophient. Un cheval qui travaille tous les jours vit plus vieux qu'un cheval qui travaille deux ou trois fois par   an. 

    Du point de vue du maréchal, qu'est- ce que les propriétaires pourraient facilement faire eux-mêmes pour l'entretien des pieds, mais qu'ils oublient souvent ? 
    La propreté. On l'ignore souvent, mais curer le pieds ne suffit pas, il faut aussi les laver à l'eau, pas juste au jet, mais
    avec une éponge. Ensuite, ne pas sécher le pied, mais "enfermer" l'eau avec de la  graisse. . 

    Justement : faut-il graisser les pieds ? Si oui, quand et sur quelle partie ? 
    Là aussi, il faut rappeler que la graisse ne pénètre pas dans la corne, mais l'eau oui, par capillarité. La souplesse de la
    corne vient donc de l' eau et non de la graisse. Mais le pied transpire, l'eau s'évapore et le pied devient sec. Il faut donc
    l'humidifier souvent et le graisser ensuite sur la sole et la muraille, pour empêcher autant que possible l'eau de quitter le
    pied. Dans la pâture, une zone humide est toujours une bonne chose, à condition que ce ne soit pas un marécage-  . En
    box, on cure, on douche, on lave, . puis on graisse. 

    Certaines graisses sont dite "nutritives". Que faut-il en penser ? 
    Elles existent, mais il convient de les appliquer au niveau de la couronne, c' est-à-dire là où naît la corne, donc là où
    commence le pied. Une fois formée, la corne ne peut plus être modifiée dans sa composition et elle reste identique
    durant toute sa durée de vie, jusqu'au bout du pied, lorsque le maréchal-ferrant finit par la couper. . 

    Quel intervalle moyen préconisez vous entre deux ferrures ? 
    Huit semaines. Mais attention, ce délai varie d'un cheval à l'autre. Certains, notamment les chevaux âgés, ont des pieds
    qui poussent si lentement qu'on les pare tous les six mois. C' est au propriétaire d'avoir l'oeil. Il est tout aussi insensé
    d'appeler le maréchal ferrant sur la seule base de la consultation du calendrier: il faut un minimum de repousse de la
    corne pour pouvoir mettre de nouveaux clous. .Quand peut-on dire qu'il faut appeler le maréchal ? Quand on ne voit
    plus le fer, parce que la corne -et surtout la muraille -poussent par dessus le fer. A ce stade, le fer, s'il est toujours en
    place, exerce à chaque pas une pression sur la muraille et tend à l'écarter de la sole, nuisant à la soudure sole- muraille.

    Au fond, pourquoi le fer trop vieux, mais pas forcément usé, tombe-t-il ?
    u ferrage, les clous sont enfoncés légèrement en oblique, vers l'intérieur. Comme le sabot pousse en s'évasant et que le fer, lui, ne l' élargit pas, les clous sont repoussés vers l' extérieur jusqu'à la verticale. Les clous sont alors trop longs, la fixation est donc moins bonne, le fer bouge, les rivets son malmenés et il finit par tomber. . 

    Réserver les allures rapides aux terrains meubles, est-ce une bonne manière de garantir une bonne longévité des pieds du cheval ? 
    Tout dépend du cheval. Avec des pieds plats, il faut être prudent dans les chemins caillouteux car la sole et la fourchette peuvent prendre des mauvais coups. Ou bien, il faut mettre une plaque ou une rive interne pour protéger le bord de la sole (voir plus loin). Cela dit, plus le pied est suscité, mieux il vit, et dans cette optique, les cailloux ne sont pas si mauvais que ça. En vacances, lorsque l'on marche sur une plage de galets, on garde ses chaussures le premier jour car les galets sont douloureux pour les pieds. Les jours suivants, on y marche en sandalettes, et à la fin on y court pieds nus car les pieds se sont habitués. Pour les pieds des chevaux,  c'est la même chose. Anciennement, les chevaux de fiacres de Paris dont les pieds ferrés s'encastelaient (se refermaient ), étaient envoyés en province pour y travailler quelques mois, non ferrés, aux champs ou sur les chantiers routiers. Ils se refaisaient une santé: leur pieds nus se " rouvraient" et on pouvait les renvoyer à Paris.

    Que pensez-vous des propriétaires qui ferrent leurs chevaux eux-mêmes ? 
    Je ne suis pas contre. Pour la plupart, il ont regardé faire attentivement avant de se lancer, et ce sont souvent des gens débrouillards. Et puis, ils ont l' avantage de mieux connaître le cheval que le maréchal, et ils disposent généralement de plus de temps et de patience. Or; si l' on ferre son cheval à soi, c' est pour qu'il soit convenablement chaussé. Je vois donc mal quelqu'un qui n'y connaîtrait rien, se risquer à ferrer lui-même. Bien sûr, s'il ne vise que l' économie de la main
    d'oeuvre et pas le savoir-faire, l'économie ne durera pas longtemps... 

    Que pensez-vous des outils de dépannage "miracle" en maréchalerie : multifonctions, 3 en 1,5en 1, etc. ? 
    Je n'ai jamais su m'en servir. Exception faite de la pince à riveter qui est fantastique, mais il faut savoir s'en servir.
    Plusieurs de mes clients en ont achetée .. une, espérant pouvoir intervenir eux- mêmes sur un fer qui bouge, tous
    veulent me la revendre, car il ne parviennent pas à s'en servir. Elle m'a été recommandée par les vétérinaires pour des
    chevaux dont les pieds ne supportent pas les coups de marteau, notamment en cas de fourbure. 

    Ferrage à froid, ferrage à chaud : que préférez-vous ? 
    Je pratique les deux. A chaud, on a l'avantage de réellement cautériser le pied, notamment au niveau de la soudure
    entre muraille et sole, ce qui est avantageux pour les chevaux qui ont une faiblesse dans cette zone ou tout simplement
    de mauvais pieds.   La corne est ici comparable au gazon d'un " green" de golf ..la tondeuse rotative fauche et hache le
    brin d'herbe qui se terminera par une petite floche, qui séchera sous le soleil et formera des zones roussies indésirables.
    Avec une tondeuse à cylindre, le brin est pincé entre deux lames, comme par une paire ciseaux, et ensuite, l'herbe ne "
    pleure" pas et le green est bien vert.  Le problème, avec les chevaux qui ont du sang, c'est qu'ils doivent parfois être
    habitués très jeunes à la fumée dégagée par la fonte de la corne lors de l'application du fer chaud. Non accoutumés, la
    fumée les effraye et le travail devient vraiment dangereux pour le maréchal. Sans ferrage à chaud, il faut soigner au
    maximum le parage et l'ajustage du fer et l'on obtient aussi d'excellents résultats. 

    Certains mauvais pieds peuvent être corrigés par le maréchal-ferrant. Jusqu'où peut-on aller ?
    Je vais retourner le problème: on peut corriger les aplombs un cheval quand on est chez le vendeur. 
    Chez l' acheteur, ... on peut corriger un petit temps, mais ça va revenir. Il n'y a pas de miracle,  surtout chez le cheval
    adulte. Quand le cheval est poulain et qu'il grandit encore, certains défauts peuvent être corrigés. Mais de toute
    manière, il ne faut jamais aller trop loin, car on force sur l' organisme et on l'use par ailleurs. Voilà pour les aplombs.
    Maintenant, on peut parfois corriger un cheval qui se touche ou qui forge. Mais on agit plutôt sur le symptôme, pas sur
    les aplombs. 

    L 'hipposandale se développe beaucoup. Qu'en pensez- vous ? 
    Elle se justifie surtout en équitation sportive, notamment en endurance, lorsque le cheval perd un fer. A ce stade, plutôt
    que de referrer à l'étape, quand le pied est chaud du fait d'avoir un peu forcé (sans fer, il a été fort suscité), on chausse
    une hipposandale en attendant que ça se refroidisse pour vraiment referrer. 

    On prête aussi à l 'hipposandale des vertus que le fer n'a pas. Pourquoi ne la voit-on pas plus souvent en remplacement pur et simple du fer ?
    Sans doute en raison du prix: à ± 1.700 BEF l'unité, ça fait cher le jeu de quatre, surtout si, entre-temps, il en perd une en cours de route ou au fond d'un bourbier. Cela dit, ça ne s'use pas trop vite, d'autant plus que l'on peut les retirer quand le terrain ne l'impose pas. Mais il faut, de toute façon, les retirer une fois le cheval au box, car le pied n'y respire pas et est quand même comprimé d'avant en arrière; et il faut les remettre chaque fois que l'on part... 

    Autre "mode" : le travail modéré du cheval non ferré. Qu'en pensez-vous ?
    C' est impeccable comme technique, mais certains pieds y sont plus adaptés que d'autres. Je connais des étalons
    Lusitaniens qui travaillent tout le temps pieds nus, même en endurance, sur les mauvais chemins, et ça marche! 
    Mais, pas question de demander cela à un demi-sang belge ou un pur-sang anglais dont les pieds, dans nos pâturages doux, sont devenus larges, cassants et sensibles. Mais avec des races à bons pieds, comme l'arabe par exemple, il suffit de gérer l'usure, de parer un peu au besoin, et c'est tout. Du moins tant que l'on travaille modérément. 

    Le pied déferré d'un cheval qui a toujours été ferré est-il aussi résistant qu'un pied habitué à cet état ? 
    Un pied sain reste un pied sain. La ferrure ne l'affaiblit pas. Le problème, c'est la mémoire du cheval, car déferré, il
    sentira des choses qu'il n'a pas l'habitude de sentir, car le fer l'a longtemps privé de ces sensations là. Il sera donc un
    peu mal à l' aise, mais c'est surtout dans sa tête que cela se passera, une accoutumance progressive est donc nécessaire. 

    L 'hiver approche à grands pas, que conseillez vous, du point de vue ferrure, sur la neige ou le verglas ? 
    Dans la neige, il faut éviter l'accumulation de neige dans la partie concave du pied  Cette neige finit par former un cône instable sous le pied, risquant de faire trébucher le cheval. Pour éviter cela, on place un amortisseur (bourrelet de
    caoutchouc entre le fer et le pied), ou une plaque, ou encore, on peut graisser abondamment la sole et la fourchette pour empêcher la neige de coller. 
    Pour le verglas: pointes de tungstène (petits cônes dépassant d'environ 1,5 mm), ou éventuellement mordax  (bouchons
    de ± l cm d'épaisseur placés dans les éponges du fer), à condition de les ôter (ils se dévissent) dès que les conditions ne le nécessitent plus. 

    Les mordax sont ils néfastes ? 
    Oui, sur terrain dur. Les mordax étant des bouchons dépassant largement sous le fer, le pied est bloqué dès que le pied touche le sol, ce qui provoque un choc dans la ligne osseuse et dans les tendons. Rares sont les chevaux qui marchent
    naturellement en posant littéralement leurs pieds,. la plupart glissent en posant, c'est un mouvement naturel que le mordax stoppe net. Ce n'est pas bon. De plus, étant à l'arrière, ils surélèvent les talons, et toute l' assise se fait en pince et en talons, la pince du fer s'usant prématurément. Je ne mets de mordax qu'aux chevaux d'attelage qui doivent vraiment retenir une charge en descente. 

    Quelles techniques nouvelles estimez vous intéressantes ces derniers temps ? 
    Certains alliages permettent d'obtenir des fers qui glissent moins, qui sont plus légers (aluminium, titane, etc.), voire
    même en matériau non métallique (résine ), qui sont intéressants en compétition. Mais pour un ferrage courant, ils sont
    coûteux (± 3.000 BEF de marchandises + main d'oeuvre) et ils s'usent plus vite que les fers classiques. De plus, les fers fabriqués à l'étranger sont conçus pour le marché local (États-Unis, Italie), et ne correspondent pas au pieds de nos chevaux. Ces fers sont ovales ou en pointe (cfr. Quarter Horse) quand chez nous les pieds sont plutôt ronds. Il faut donc travailler le fer pour l'adapter; ce que l'alliage accepte généralement mal.. il risque de casser; soit sur l'enclume, soit quelques jours plus tard, sur le pied. 

    Que pensez- vous des plaques de protection en silicone ? 
    C'est un excellent moyen de protéger une sole hypersensibilisée, suite à une affection quelconque. Il s'agit de placer une plaque en PVC souple, couvrant toute la face inférieure du pied, entre le fer et la corne, et qui amortit les chocs. 
    Dans l'espace vide ainsi obtenu, on injecte un silicone spécial qui protège la sole et la fourchette des agressions. On n'est pas obligé de le laisser toute la durée de vie du ferrage ..on peut en découper la partie intérieure, par exemple après une course en terrain cassant, et dégager fourchette et sole en laissant un pourtour qui joue alors le rôle d'amortisseur classique, tout en laissant le pied respirer normalement . 

     

    Merci à Gabriel Blairon pour sa disponibilité lors de cette interview 

    En travaux : illustrations en ligne très bientôt

    Ces deux articles sont extraits de la revue belge Hippo News


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  • Le Frison
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    Les Chevaux sauvages

       
       
       
     
    La paléontologie montre que les Chevaux proviennent d'Amérique du Nord, mais qu'ils se sont éteints sur ce continent et y ont été absents pendant plusieurs millénaires jusqu'à ce que des explorateurs espagnols les réintroduisent au XVIe siècle. On considère généralement que les chevaux acquis par les autochtones nord-américains, plus particulièrement ceux des Plaines, furent à l'origine de la propagation des chevaux partout dans l'Ouest du continent. Les Français apportèrent des chevaux quand ils vinrent coloniser l'Est du Canada au milieu des années 1600. On croit que les CHEVAUX DE L'ÎLE DE SABLE, les seuls chevaux sauvages (ou plus exactement des chevaux féraux, c'est-à-dire des animaux domestiques retournés à l'état sauvage) à l'est de l'Alberta, sont les descendants des chevaux d'une colonie agricole infructueuse.

    Chevaux de l'Île de Sable
    Chevaux sauvages de type poney à l'île de Sable, en Nouvelle-Écosse (photo de John deVisser).
    Les Autochtones de l'Alberta et de la Colombie-Britannique possédaient des chevaux au milieu des années 1700, et certains de ces animaux formèrent probablement le noyau de la première harde de chevaux sauvages dans l'Ouest du Canada. David THOMPSON, un des premiers explorateurs à avoir traversé les montagnes Rocheuses, vit des chevaux sauvages près de la source du fleuve colombia en 1807 et conclut qu'il s'agissait d'animaux échappés des hardes appartenant aux autochtones. Ultérieurement, des colonies établirent des ranchs, firent de l'exploitation minière et des coupes forestières en Alberta et en Colombie-Britannique. Toutes perdirent des chevaux ou les libérèrent, et contribuèrent ainsi à augmenter le nombre de chevaux sauvages.

    Cheval de l’île de Sable
    « Taniwha », cheval de l'île de Sable adulte (photo de Zoe Lucas).
    Hardes actuelles

    On rencontre - ou on a rencontré récemment - des hardes de chevaux sauvages dans plusieurs régions de l'Ouest et du Nord de l'Alberta, de l'intérieur et du Nord de la Colombie-Britannique et du Sud du Yukon. Ils se sont échappés des hardes appartenant aux autochtones, aux pourvoyeurs et aux exploitants de ranchs de régions éloignées. Bien que l'origine et l'appartenance d'un grand nombre de ces animaux puissent être attribuées à des résidants, les populations de chevaux sauvages existent dans certaines régions depuis plusieurs générations. En particulier, certaines sont établies depuis longtemps sur les versants est des montagnes Rocheuses en Alberta et dans la région des chaînes Cariboo-Chilcotin de l'intérieur de la Colombie-Britannique. Bien que leurs populations fassent l'objet d'une limitation afin d'assurer la gestion des grands pâturages, les estimés actuels montrent que ces deux régions sont encore habitées par des populations de chevaux sauvages qui comptent plusieurs centaines d'individus. L'impact du broutage dans les prairies naturelles de certaines régions a soulevé des inquiétudes et a été à l'origine du déménagement controversé d'une harde sur la BFC Suffield en 1994.

    Écologie

    Dans l'Ouest du Canada, les chevaux sauvages vivent essentiellement dans les milieux boisés, plus particulièrement dans les forêts de pins de Murray parsemées de prairies arides, de milieux arbustifs et de cariçaies où ils se nourrissent d'une variété de graminées et de carex tout au long de l'année. La majorité des hardes sont formées de cinq individus à dix individus, mais certaines sont de plus petite ou de plus grande taille. Les chevaux ne sont pas territoriaux, et les territoires de plusieurs hardes empiètent parfois l'un sur l'autre. Même si de bonnes conditions favorisent l'augmentation des populations, les nombreuses mortalités dues aux famines et aux prédateurs, comme les couguars et les loups, auxquels les chevaux sont plus vulnérables lors d'hivers rigoureux, sont probablement des facteurs limitants.

     


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