Une prairie bien exploitée, bien entretenue et composée despèces adaptées aux besoins de votre cheval vous procure un aliment sain et économique.
Au début du printemps, cest surtout la portance du sol qui conditionne la mise au pré. Il est recommandé de diviser la surface en plusieurs parcs en prévoyant 20 jours de repousse entre deux passages. Le pâturage tournant limite les zones hyperfréquentées et les zones de refus. En été et automne, il faudra prévoir dallonger le temps de repousses à 30 ou 40 jours ou de revenir à une parcelle unique. A lautomne, éviter le pâturage trop ras car les graminées ont besoin dune hauteur de 5 - 8 cm pour bien redémarrer au printemps suivant. Pour obtenir une hauteur de sortie dherbe de 5 cm et pour éviter toute surexploitation, la durée de pâturage ne doit généralement pas dépasser 8 à 10 jours. Si lherbe manque, il vaut mieux concentrer les animaux sur une petite surface, que lon sacrifie, plutôt que de surpâturer le reste de la parcelle.
Pour la fenaison, il est important de faucher sans tarder juste après lépiaison, car en cas de fauche trop tardive, les repousses ultérieures sont pénalisées et le fourrage de moins bonne qualité. Cest pourquoi les variétés de plantes fourragères tardives sont à préférer. Quand cela est possible, lalternance de la fauche et du pâturage sur la même parcelle est idéale. Lassociation de chevaux avec des bovins est un très bon moyen pour pallier aux refus. Elle peut se faire avec des bovins moyennant une surveillance du comportement des chevaux avec ces animaux.
Oui, si le taux de matière est dau moins 30 % en ensilage et au moins 40 % en enrubannage. Il faut également sassurer que lors de la récolte il ny ait ni eau de pluie ni eau de rosée, ni terre.
Lors de la distribution, ne pas donner les parties moisies qui peuvent libérer des toxines pathogènes. Lenrubannage doit être réalisé très rapidement après le pressage pour assurer une bonne conservation.
Enfin, la conservation des fourrages par la voie humide permet de réduire considérablement les problèmes respiratoires (emphysème) liés au développement de moisissures sur le foin.
En association avec le trèfle blanc, le ray-grass anglais, facile dimplantation, permet de couvrir les besoins des chevaux effectuant un travail léger.
Préférer les ray-grass anglais et les ray-grass dItalie diploïdes (?) car ils résistent mieux au piétinement des chevaux que les tétraploïdes (?).
Si possible, travailler le sol en surface 8 jours avant le semis, avec un Rotavator ou une herse. Le semis doit être fait sur une terre ni détrempée, ni trop sèche et surtout suivi dun roulage.
Profondeur : 0 à 1 cm. Le semis peut être fait à la volée.
Préferer un semis de fin dété (mi-août à mi-septembre) quand le sol est encore chaud et les adventices moins agressives quau printemps ; ne semez pas trop tard afin que les jeunes plantes soient suffisamment développées pour résister aux premières gelées.
On peut également semer au printemps dès que les gelées ne sont plus à craindre (mi-mars) jusquà la mi-mai afin que les jeunes plantes soient bien installées avant la période estivale.
ATTENTION, les chevaux naiment pas les fertilisations azotées excessives.
Le chaulage est très important. 250 kg/ha de CaO sous forme de semoule suffisent pour relancer lactivité biologique et assainir le sol.
Pour les paddocks où laccumulation de crottin est plus importante et les risques sanitaires plus élevés, apporter jusquà 1,5 t /ha de CaO. Faucher les refus après le deuxième cycle de pousse pour rétablir lhomogénéité de la prairie.
Le cheval est un gourmet qui sélectionne les plantes. Il faudra maîtriser les refus par un fauchage et détruire les plantes envahissantes manuellement, pied par pied, ou avec un désherbant sélectif (contacter un professionnel car lusage de ces produits leur est réservé).
Le hersage permet daplanir et daérer le sol tassé par les chevaux ; il en relance lactivité biologique. Sil y a beaucoup de surface vide, il faut envisager un semis ou un sursemis (même à la volée).
Isabelle Dimer, éleveur dans le Perche
Isabelle Dimer et son mari Daniel dirigent le haras
de La Gadelière à Coutretot,
en Eure-et-Loir.
« Pour lalimentation, les éleveurs sont assaillis de conseils, souvent contradictoires ! On en viendrait vite à acheter trop de compléments minéraux ou de vitamines.
Or lexpérience montre que de lherbe saine et du foin de qualité sont source déquilibre - pas seulement alimentaire - pour les chevaux.
En pratique, nous avons fait analyser nos sols et observé la flore présente; puis nous avons décidé de rénover certaines parcelles dégradées au moyen dun brûlage au glyphosate suivi dun semis de ray-grass anglais ou de fétuque élevée, selon les cas. Un voisin agriculteur équipé en matériel nous a aidés à réaliser ces travaux.
Lélevage est une passion avant tout et on serait tenté de ne pas lésiner sur les dépenses. Cest en connaissant et en améliorant nos prairies que nous sommes devenus beaucoup plus autonomes dans notre métier déleveurs. Nous évitons ainsi principalement les risques dentorse par une meilleure gestion des paddocks en période humide, et les risques dintoxication dus à certaines plantes sauvages ou à un manque dentretien des pâtures. Bien sûr, nous surveillons de près la qualité du foin. »